NOIR GOTHIC

20/06/2010 19:23 par TOLATT

Que suis-je ?

La définition de moi même
N'a jamais pu être la même
Me privant donc d'être normale
Bien que je n'sois un animal

Humain

Mais l'apparence que j'ai de moi
N'est pas vraiment une réfléxion
De mes ombres et de mes émois
Une sombre âme dans un puit sans fond

Sans-âme

Pourtant je n'ai pas peur de perdre
Ce que les autres appellent 'partie de moi'
La seule chose qui soit restée claire
Durant ces ans, juste restant là

Tristesse

Et les gens viennent et disent qu'en fait
Il m'est interdit d'être triste
Et pour les contenter je devrait
Etre joyeux sur cette piste

Mais sans définition.

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CORBEAU

20/06/2010 19:22 par TOLATT

  • CORBEAU

    CORBEAU

    20/06/2010 19:22 par TOLATT

J'ai cru voir sur mon coeur un essaim de corbeaux
En pleine lande intime avec des vols funèbres,
De grands corbeaux venus de montagnes célèbres
Et qui passaient au clair de lune et de flambeaux.
Lugubrement, comme en cercle sur des tombeaux
Et flairant un régal de carcasses de zèbres,
Ils planaient au frisson glacé de mes vertèbres.
Agitant à leurs becs une chair en lambeaux.

Or, cette proie échue à ces démons des nuits
N'était autre que ma Vie en loque, aux ennuis
Vastes qui vont tournant sur elle ainsi toujours,
Déchirant à larges coups de bec, sans quartier,
Mon âme, une charogne éparse au champs des jours,
Que ces vieux corbeaux dévoreront en entier.

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NOCTURNE

20/06/2010 19:21 par TOLATT

  • NOCTURNE

    NOCTURNE

    20/06/2010 19:21 par TOLATT

Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne
Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne,
Ô vase de tristesse, ô grande taciturne,
Et t'aime d'autant plus, belle, que tu me fuis,
Et que tu me parais, ornement de mes nuits,
Plus ironiquement accumuler les lieues
Qui séparent mes bras des immensités bleues.

Je m'avance à l'attaque, et je grimpe aux assauts,
Comme après un cadavre un choeur de vermisseaux,
Et je chéris, ô bête implacable et cruelle !
Jusqu'à cette froideur par où tu m'es plus belle !

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L'APPELLE

20/06/2010 19:19 par TOLATT

  • L'APPELLE

    L'APPELLE

    20/06/2010 19:19 par TOLATT


La Mort M'appelle
Il Faut Que Je Parte
Je Suis Désoler
Mais Je ne peux Plus Pleurer

Elle me l'a Promi
Malgrés L'endroit Ou Je vais
La Mort M'appelle
Il Faut que Je Parte
Elle Vient De Me Prendre Ma Vie

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QUEL DOULEUR

20/06/2010 19:18 par TOLATT

  • QUEL DOULEUR

    QUEL DOULEUR

    20/06/2010 19:18 par TOLATT

L'un t'éclaire avec son ardeur,
L'autre en toi met son deuil, Nature !
Ce qui dit à l'un : Sépulture !
Dit à l'autre : Vie et splendeur !

Hermès inconnu qui m'assistes
Et qui toujours m'intimidas,
Tu me rends l'égal de Midas,
Le plus triste des alchimistes ;

Par toi je change l'or en fer
Et le paradis en enfer ;
Dans le suaire des nuages

Je découvre un cadavre cher,
Et sur les célestes rivages
Je bâtis de grands sarcophages.

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SOUVENIRS

20/06/2010 19:16 par TOLATT

  • SOUVENIRS

    SOUVENIRS

    20/06/2010 19:16 par TOLATT


J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans.

Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,
De vers, de billets doux, de procès, de romances,
Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,
Cache moins de secrets que mon triste cerveau.
C'est une pyramide, un immense caveau,

Qui contient plus de morts que la fosse commune.
- Je suis un cimetière abhorré de la lune,
Où comme des remords se traînent de longs vers
Qui s'acharnent toujours sur mes morts les plus chers.
Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées,
Où gît tout un fouillis de modes surannées,
Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher,
Seuls, respirent l'odeur d'un flacon débouché.

Rien n'égale en longueur les boiteuses journées,
Quand sous les lourds flocons des neigeuses années
L'ennui, fruit de la morne incuriosité,
Prend les proportions de l'immortalité.
- Désormais tu n'es plus, ô matière vivante!
Qu'un granit entouré d'une vague épouvante,
Assoupi dans le fond d'un Saharah brumeux;
Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux,
Oublié sur la carte, et dont l'humeur farouche
Ne chante qu'aux rayons du soleil qui se couche.

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A COEUR

20/06/2010 19:15 par TOLATT

  • A COEUR

    A COEUR

    20/06/2010 19:15 par TOLATT

Quelqu'un pleure dans le silence
Morne des nuits d'avril ;
Quelqu'un pleure la somnolence
Longue de son exil.
Quelqu'un pleure sa douleur
Et c'est mon coeur...

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LES POIDS DE MON AME

20/06/2010 19:14 par TOLATT

  • LES POIDS DE MON AME

    LES POIDS DE MON AME

    20/06/2010 19:14 par TOLATT

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits;
Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris;
Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,
Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.
- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir

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ENFANCE

20/06/2010 19:14 par TOLATT

  • ENFANCE

    ENFANCE

    20/06/2010 19:14 par TOLATT

Depuis l'heure de l'enfance, je ne suis pas
Semblable aux autres ; je ne vois pas
Comme les autres ; je ne sais pas tirer
Mes passions à la fontaine commune
D'une autre source provient
Ma douleur, jamais je n'ai pu éveiller
Mon coeur au ton de joie des autres
Et tout ce que j'aimai, je l'aimai seul

C'est alors — dans mon enfance — à l'aube
D'une vie de tumulte que fut puisé
A chaque abîme du bien et du mal,
Ce mystère qui toujours me retient –
Au torrent et à la fontaine
Dans la falaise rouge de la montagne –
Dans le soleil qui roule autour de moi
En son or automnal

Dans l'éclair qui volait au ciel et passait
Près de moi pour s'enfuir,
Dans le tonnerre et dans l'orage
Et dans le nuage qui prenait la forme
(Alors que le reste du ciel était bleu)
D'un démon à mes yeux.

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LA MORT

20/06/2010 19:13 par TOLATT

Dans une terre grasse et pleine d'escargots
Je veux creuser moi-même une fosse profonde,
Où je puisse à loisir étaler mes vieux os
Et dormir dans l'oubli comme un requin dans l'onde,

Je hais les testaments et je hais les tombeaux ;
Plutôt que d'implorer une larme du monde,
Vivant, j'aimerais mieux inviter les corbeaux
A saigner tous les bouts de ma carcasse immonde.

Ô vers ! noirs compagnons sans oreille et sans yeux,
Voyez venir à vous un mort libre et joyeux ;
Philosophes viveurs, fils de la pourriture,

A travers ma ruine allez donc sans remords,
Et dites-moi s'il est encor quelque torture
Pour ce vieux corps sans âme et mort parmi les morts !

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